04 octobre 2009
Gestion des loisirs
05 février 2009
Que reste-t-il ?
De nos amours?
Découvrez Charles Trenet!
Entre 2,5 et 3 millions de personnes ont manifesté leur opposition à la politique du gouvernement (raccourci rapide).
Où sont-ils aujourd'hui? Une semaine plus tard?
Avalés? Broyés par le quotidien? Soulagé d'avoir pu s'adonner à un rituel collectif de grogne... jusqu'au prochain?
03 août 2008
La douleur - Aristide Maillol (et Dina Vierny)

La douleur sublimée ne fait pas moins mal.
Elle existe mieux.
21 juillet 2008
Appréhender l'art sans grille de lecture - L'intérêt de l'émotion.
Il semblerait que - d'un point de vue élitiste en arts-plastiques - parler de l'émotion suscitée par une oeuvre relève de l'amateurisme.
Il semblerait que ça s'appelle une lecture projective. Une lecture dans laquelle on se projette soi-même, son passé, son vécu. Écoutez une personne dont c'est le métier (historien d'art, critique d'art, artiste), et le plus souvent, son discours est orienté sur l'intérêt de l'oeuvre. C'est à dire les éléments discursifs, réflexifs mis en jeu par l'oeuvre.
Si mon interprétation de l'expression "lecture projective" est exacte. Je ne comprends pas en quoi la substitution d'un référentiel universel par un référentiel personnel devrait produire un résultat présentant moins d'intérêt. Autrement dit, si je parle de l'émotion que suscite une oeuvre, pourquoi ce discours devrait-il avoir moins de valeur que si je parle de l'intérêt d'une oeuvre?
Vous, moi, nous sommes démunis face aux arts car aucun d'entre nous n'en a acquis les grilles de lecture ni même la culture nécessaires pour produire un discours sur son intérêt. Au collège, au lycée, et pour ceux qui ont fait des études supérieures à la fac ou en école d'infirmière, de kiné, d'ingénieur, de commerce? Où apprend-on à appréhender l'architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la danse ou bien la poésie? Où apprend-on à en produire un discours à valeur universelle? Ou tout du moins à tentative de portée universelle?
Un vague vernis et une vague culture générale dont il ne reste plus grand' chose après quelques années de salariat? Une vague sensibilité à la musique notamment en ce que la flûte à bec a de répulsif, et à la poésie en ce que le commentaire composé a de rébarbatif?
Écouter et verbaliser la résonance que trouve une oeuvre en soi ne permettent-ils pas de l'appréhender? N'est-ce pas la démarche la plus accessible à tous?
Car, quand on analyse une oeuvre, on réalise des analogies.
Si j'en reviens à des méthodes que je connais pour les avoir employées en filière littéraire au lycée, et en hypokhâgne: à savoir le commentaire composé en français.
Pour donner de la légitimité (et un peu de profondeur... je suis bien d'accord) au commentaire, il faut se plier au principe selon lequel il faut nourrir son analyse d'autres oeuvres du même auteur, de la même époque, des comparaisons de sources, ce que l'auteur en a fait, expliquer l'effet produit par la description longue et fastidieuse des figures de style employées, de la syntaxe, et autres répertoires linguistiques.
La méthode est laborieuse. Je n'ai jamais pris aucun plaisir à décortiquer un texte, à appliquer de manière rigoureuse et ordonnée ces méthodes d'analyse. En revanche, leur résultat procure deux grandes satisfactions. La première: dans ce travail, on peut révéler à soi d'abord, puis aux autres le sens du texte, ce vers quoi il tend, son positionnement, ce à quoi il fait référence, ce à quoi il s'oppose, et donc aussi ce qui fait sa valeur littéraire, son intérêt. La deuxième satisfaction : on acquiert à la force de la plume la reconnaissance par ses pairs.
Attitude élitiste, où l'on fait usage d'un vocabulaire compréhensible que par nos pairs.
De fait, une analyse dont le référent est sa propre émotion et les ressorts qui la suscite n'est pas académique, pas élitiste, pas professionnelle, pas universelle. Elle ne vaut rien. Elle n'a aucune valeur.
Deux points - Ouvrez la poubelle - Point - Fermez la poubelle.
Je reprends donc. D'un côté, je n'ai pas la culture, ni les grilles de lecture qui permettent de déterminer de l'intérêt d'une oeuvre. De l'autre, on s'accorde généralement à dire que l'intérêt premier de l'art réside en ce qu'il donne à voir et à penser.
Dois-je pour autant me détourner de l'art? Dois-je me résigner à mon ignorance? Ou bien dois-je apprendre laborieusement comment lire une oeuvre, me constituer une culture suffisamment générale et précise avant de commencer à comprendre? Avant de commencer à en parler? Tâches herculéennes. Certains y consacrent leur vie quand le lambda ne dispose que de son temps libre. Dois-je pour abandonner sous prétexte d'ignorance cette aspiration vers l'art? Dois-je renoncer à y trouver du sens? A cette chose, là! Cette chose qui est devant moi, qui me donne à voir, mais rien à penser!
Comment faire? Quoi faire?
Observer et trouver en soi des analogies. Cette statue regarde le ciel. Je suis devant une église. Cette statue ne s'inquiète pas du temps qu'il va faire? Quoique... L'église, le ciel, Dieu, le paradis... La statue aspire au paradis? Elle regarde vers Dieu? C'est une prière?
Oui, pour moi, cette statue s'inquiète du paradis en cherchant un signe de Dieu dans le ciel.
Oui, je la personnifie. Je lui prête une intention, alors qu'évidemment seul l'artiste ou son commanditaire en avaient une. Mais qu'importe? Maintenant, cette statue n'est plus un corps étranger. Elle n'est plus une entité absconse. Cette sculpture a désormais un sens qui m'est immédiatement lisible, par ce simple détail.
Si j'en ai le loisir, je regarderais également la posture du corps, les mains, leurs positions, sur quoi elles pointent ou ne pointent pas, les draperies, la tête, les vêtements représentés. Et je ferais de même. Et de détail en détail, je trouverais du sens à l'oeuvre dans son ensemble.
Il s'agit là d'une vulgaire pensée. Sans valeur. Mais en considérant ce qu'il y a de vulgaire en cela, nous aurons fait deux grands pas vers la vulgarisation.
16 juillet 2008
Que cherchait véritablement Renault chez AutoPlus ?
C'est presque un fait divers, ce matin, entendu avec distraction.
Après l'aide d'urgence à destination des pêcheurs, l'échange entre les soldats israëliens et les prisonniers du Hezbollah, la diffusion d'un interrogatoire de 7 heures d'un prisonnier canadien à Guantanamo, la perquisition menée par les policiers à la rédaction du journal Auto-Plus.
Quel est le chef d'inculpation? Espionnage industriel? Pour un article paru en 2007?
Je médite sur le témoignage de la journaliste AutoPlus Sandrine Barret. "On trouve ça un peu violent". Violence de la méthode des policiers? Du contexte de l'inculpation d'un suspect à son domicile?
Je suis perplexe. On décrit là les méthodes présentées ailleurs (type Le Droit de Savoir) comme tout à fait ordinaires de la police. Il s'agit là de l'émotion d'une profession à être traitée comme délinquante. Je comprends le point de vue. Mais au fond, la police mène une enquête pour récupérer des informations à charge ou à décharge.
Décidément, le problème ne me semble pas être là. L'espionnage industriel en tant que tel est commis par un concurrent afin d'obtenir un avantage compétitif: produire un produit qui permettra se positionner en premier sur un marché, ou un segment de marché.
AutoPlus ne me semble pas être un concurrent. Et comme l'explique Laurent Chiapelo, Directeur de la Rédaction, le phénomène de photo dites "volées" n'est pas nouveau. Et si je ne m'abuse, les constructeurs maquillent les voitures au moment sensible de l'essai en réel sur leur circuit.
Alors pourquoi le constructeur Renault a-t-il déposé plainte pour vol d'informations confidentielles? A la suite d'un article publié en 2007, alors que nous sommes au début du deuxième semestre 2008? Pour si tard après l'alerte? Pourquoi maintenant?
Pourquoi engager une procédure coûteuse et chronophage? Pourquoi risquer de se mettre à dos une profession partenaire? Pourquoi risquer une mauvaise image de marque au moment même où le marché automobile amorce un déclin (effets combinés la hausse du coût du pétrole, et son pendant de consolation : la mode de l'écolo).
La méthode: se documenter
Que disent les principaux intéressés?
AutoPlus continue de s'insurger du sort réservé à leur collaborateur. On apprend toutefois que la plainte contre X a été déposée en juillet 2007.
Renault doit estimer qu'il n'est pas nécessaire de communiquer sur les motivations de sa plainte, puisqu'on n'en retrouve pas de trace dans leurs informations corporate.
Le site d'information du réseau estime dès le 3 juillet 2007 les illustrations d'AutoPlus fantaisistes.
Situation habituelle.
Que dit la presse généraliste? De quoi dresser le panorama:
Le Monde: Une enquête interne de Renault a permis de placer la semaine dernière sous contrôle judiciaire un employé du constructeur. Alors pourquoi cette plainte de Renault contre X quand la loi sur la protection des sources n'autorise la justice à rechercher l'origine d'une information de presse "qu'en cas d'impératif prépondérant d'intérêt public" (extrait du communiqué syndicat des journalistes Force ouvrière non retrouvé)
La question reste entière: "Selon des journalistes d'Auto Plus, la direction de Renault chercherait, en déposant cette plainte, d'une part à démasquer le ou les auteurs des photographies, et d'autre part à faire pression sur les autres pour les dissuader d'en faire autant." En juillet 2007? Dissuader les journalistes de trop communiquer sur le résultat de leur recherche? Les dissuader de chercher de l'information qui permettrait de contrebalancer ou de devancer les commuqués officiels du constructeur? N'est-ce pas là le rêve d'un état totalitaire?
La Tribune: Il semblerait que les photos diffusées aient été prises par le téléphone portable de l'employé fautif.
Sauf erreur de ma part, les principes de sécurité sont bien connus des constructeurs: accès aux informations sensibles sur identification personnelle, accès physiques restreints, communication d'informations au coup par coup, traçage de l'information après sa diffusion.
En réalité, Renault a subi dans ses propres locaux d'une faille de sécurité jugée suffisamment grave pour ses propres intérêts pour justifier les risques pris.
Et les médias spécialisés? De l'information plus factuelle
RMC.fr : Le nom du journaliste mis en garde à vue est donné : Bruno Thomas, le chef de la rubrique nouveauté de l'hebdomadaire
Les photos volées concerneraient la Mégane 3 alors que la Mégane 2 est encore sur le marché. L'analyse de Jean-Luc Moreau, spécialiste auto de RMC tends à vers l'hypothèse soit d'un coup de pub du nouveau modèle, soit d'une chasse aux sorcières en interne.
=> Le coup de pub est raté puisque l'empathie du public me semble aller dans le sens du journaliste.
=> La chasse aux sorcières peut très bien avoir lieu sans publicité dans les journaux nationaux.
Le précédant avait déjà été créé à l'été 2007 par l'arrivée de magistrats au Canard Enchainé en marge de l'affaire Clearstream.
Puis, RMC.fr relaie un résumé de l'intervention du porte-parole de Renault. Il s'était exprimé... finalement:
Un porte-parole de Renault a précisé que la plainte du constructeur ne visait pas un article publié en 2007 sur le modèle de Mégane qui sera présenté en septembre prochain, mais des informations sur un projet de véhicule à plus long terme, ce qui serait "inhabituel" et irait "trop loin".
"Cela tue la création, autant qu'on donne nos modèles aux journaux et aux concurrents. Ça sert à quoi de faire la recherche ? On met la clef sous la porte. L'idée n'est pas d'attaquer Auto Plus mais de couper le tuyau qui alimente, de trouver la source chez nous", a dit ce porte-parole à Reuters.
Tout en soulignant son intérêt pour la liberté de la presse, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a estimé que les secrets des sociétés relevaient de l'intérêt public.
Toujours aussi peu convaincue par cet argument avancé. Toutes les grosses entreprises font de la R&D et on peut espérer pour elles qu'elles se sont bien protégées car elles savent pertinemment que du maintient de la confidentialité dépend leur pérénité.
Alors que cherchait véritablement Renault chez AutoPlus ?
Sans doute intimider en interne les éventuels complices d'une fuite très amont du process de R&D soit parmi les salariés Renault, soit parmi ceux de leurs prestataires. Mais une fuite qui concernait la Mégane 3 ou la Twingo CC... qui semblaient semblaient être pratiquement finalisées laisse sur son quant à soi... Pour éviter une fuite sur les recherches d'éventuels moteurs qui se dispenseraient totalement du pétrole? En l'absence d'information complémentaire sur le contenu réel de la fuite, toutes les fantaisies, effectivement, sont permises.
11 juillet 2008
Expérience quantique
Probabilité de présence donnée à voir.
05 juillet 2008
Chanson des escargots qui vont à l'enterrement
Je prends mon cartable.
Les pupitres en bois portent les traces de ceux qui m'ont précédée.
Il y a encore ce petit trou pour l'encrier, dont plus personne ne se sert. Je me mets debout. Les jambes flageollantes monte d'un grand pas sur cette estrade.
Petit coup d'oeil craintif vers la maîtresse.
Et je dis:
Chanson des escargots qui vont à l'enterrement
A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux
Jacques PRÉVERT, Paroles (1945)
©1972 Editions Gallimard
30 juin 2008
Pour qui écrit-on ?
Pour soi. Certaine que les blogueurs sont eux-mêmes leur premier lecteur.

Cinquième session - Chagrin
Dans cette exploration, je ne lis pas le travail des autres artistes, ne me nourris pas de ce qui s'est fait avant moi, ne me documente pas, ne m'inspire pas, n'explore ni les écrits ni les images du passé.
Je ne sais pas si j'ai tort ou raison.
Je veux montrer mon corps tel qu'il se décide dans les moments de chagrin. Intuitivement, je sais la vanité de ce dessein. Nécessairement influencée par les photos vues, les images sur écran, les oeuvres exposées dans les musées ou vues dans des revues spécialisées.
J'avais remarqué comme le corps est dans un entier relâchement. Les épaules tombent. Les bras ne tiennent à rien. La tête non plus. C'est ce que j'ai voulu montrer. Pour être bien sûre que l'artiste saisisse le sens de ce relâchement, doucement, en rassemblant en moi tout ce qui provoque des larmes, tout sans exception, je me suis mise à pleurer.
Quand j'ai senti la première larme tomber dans ma main, je savais que j'avais réussi. La seconde sur ma cuisse, comme toutes les suivantes avaient moins d'importance.
L'artiste ne m'a pas parlé des émotions ressenties au moment de cette pose. Pitié? Empathie? Compassion? Peut-être rien. Peut-être que cet enjeu lui était totalement étranger.

Je lui ai montré aussi vrai, aussi authentique que possible ce chagrin. Quand il eut fini, l'atmosphère de cette pièce avait changé. J'étais infiniment soulagée.
Mais aujourd'hui, quelques jours plus tard, je sais que l'exploration n'est pas terminée. En réalité, je n'ai rien atteint ici. L'exploration ne fait que commencer.
22 juin 2008
Plaisirs pieds nus
Mise à jour du 01 octobre 2008: Merci à tous les Bare-footers venus visiter ce billet
Au Louvre.

Les chaussures ne sont pas nouvelles, mes pieds ont simplement l'habitude d'être en contact direct avec celles-ci... Je sens la gêne qui entrave mes déplacements. Agaçant.
Puisque mes chaussures me font mal au pied, pourquoi ne pas les retirer?
Je pèse le pour: me soulager. Le contre: ça ne se fait pas, ça n'entre pas dans les conventions. Qui irait se déchausser dans un lieu pareil?
Eh bien, justement! Au Louvre, je ne risque pour mes pieds ni les déchets, ni les résidus alimentaires, ni les déjections canines, ni l'urine, ni les tessons de bouteille, ni les chewing-gums, ni les graviers, ni la mousse poisseuse, ni les fientes de pigeon fraîches ni sèches.
Donc je les enlève!
Un peu honteuse, mais tellement contente. Je fixe un challenge à l'organisation du lieu. Pendant combien de temps vais-je pouvoir rester pieds nus sans qu'on ne vienne m'en faire la remarque?
Et là (1) je découvre le Louvre sous un nouvel angle. Je m'approprie ce lieu non plus avec mes yeux, mais avec mes pieds. La chaleur, les stries du parquet, ses légers grincements, la cire, puis le froid de la pierre, les aspérités des marches, la fraîcheur du marbre au sol, les si fines jonctions.
J'entends un de mes acolytes derrière moi: Mais elle n'a pas de chaussures? S'imaginant sans doute que j'étais venue pieds nus depuis chez moi.
Ma complice lui répond en toute simplicité: Elle avait mal aux pieds.
Conversations à peine entendue. Etouffée. Je suis toute à mes découvertes, j'oublie rapidement la gêne. L'aisance du mouvement. Se sentir ici chez soi... car c'est un peu chez moi, n'est-ce pas? Une première salle, une autre, puis encore quelques autres. Nouvelle expérience de libération. Je me libère de la gêne physique, de la gêne sociale.
Soudain, j'entends derrière moi des pas décidés. Du coin de l'oeil, j'avais vu - en passant devant elle - cette femme en tailleur m'observer. Elle n'avait pas réagit tout de suite. J'avais pu faire encore quelques uns de ces délicieux pas.
Pas "Excusez-moi", pas "Bonjour"... Attention! Elle représente l'autorité du lieu, sa mission est le maintient de l'ordre! Ces gens là ne s'excusent pas. Ces gens là ne s'embarrassent pas de la politesse.
S'il vous plaît (sèchement, avec pour seule finalité - je le devine bien - d'attirer mon attention) ... Remettez vos chaussures!
Oui, c'est un ordre, je le comprends bien, Madame.
J'aurais aimé lui demander pourquoi sa voix était pleine d'une telle colère. Oui, elle était en colère, outrée. Comme si j'avais fait quelque chose d'obsène. Sans doute scandalisée que quelqu'un se soit mis pieds nus au Louvre! Tout de même! Le fleuron de la culture Frânçâââiiiseu... Une originale aux pieds salis de poussière, ça fait mauvais genre auprès des touristes... Peut-être...
Je m'exécute. J'avais visité plus de 6 salles. J'étais passé devant pratiquement une dizaine de ses collègues. Presque trente minutes s'étaient écoulées.
(1) Note à l'attention de Pierre E.: Oui, "Et là" est du bien mauvais français. A ma décharge, c'est la seule tournure de style que je connaisse qui permette d'exprimer simplement une réelle rupture. L'ignorance n'est pas une excuse? Alors, disons que l'objectif que j'ai toujours poursuivi est une écriture fluide. Une écriture qui se boit plus qu'elle ne se lit.


